Panneaux solaires en copropriété : une véritable opportunité pour les immeubles parisiens ?
Pendant longtemps, installer des panneaux solaires sur un immeuble parisien semblait difficilement envisageable. Toitures en zinc, contraintes architecturales, manque de surface disponible, protection du patrimoine : les obstacles paraissaient nombreux.
Pourtant, les technologies ont évolué et les règles d’urbanisme se sont progressivement adaptées. Aujourd’hui, de plus en plus de copropriétés parisiennes étudient sérieusement cette possibilité.
Mais tous les immeubles sont-ils adaptés ? Quelles autorisations faut-il obtenir ? Et dans quelles conditions un tel projet peut-il réellement être intéressant ?
À quoi peut servir l’électricité produite ?
L’objectif principal d’une installation photovoltaïque en copropriété est de produire une partie de l’électricité consommée par l’immeuble.
Cette production peut notamment alimenter :
- l’éclairage des parties communes ;
- les ascenseurs ;
- la ventilation mécanique ;
- les portes automatiques ;
- les équipements techniques ;
- les bornes de recharge pour véhicules électriques ;
- une pompe à chaleur ou un système de climatisation.
Lorsque la configuration de l’immeuble le permet, une opération d’autoconsommation collective peut également être mise en place afin que les copropriétaires bénéficient directement d’une partie de l’électricité produite.
Au-delà des économies potentielles, une telle installation contribue à améliorer la performance environnementale de l’immeuble et peut participer à sa valorisation patrimoniale.
Tous les immeubles parisiens sont-ils adaptés ?
Avant d’envisager des travaux, plusieurs critères doivent être étudiés :
- l’orientation et l’ensoleillement de la toiture ;
- les zones d’ombre créées par les immeubles voisins, les cheminées ou les équipements techniques ;
- la surface réellement exploitable ;
- la solidité de la charpente ou de la dalle ;
- l’état de la couverture et de l’étanchéité ;
- l’accessibilité de la toiture pour l’installation et la maintenance.
Les immeubles haussmanniens, les toitures complexes ou fortement ombragées peuvent offrir un rendement limité. À l’inverse, les immeubles disposant d’une toiture-terrasse présentent souvent des conditions plus favorables.
L’étude doit également prendre en compte les consommations électriques des parties communes, les possibilités de raccordement, les conditions de maintenance et les conséquences sur de futurs travaux de toiture.
Quelle autorisation faut-il obtenir en copropriété ?
La toiture constituant généralement une partie commune, l’installation de panneaux solaires doit être soumise au vote de l’assemblée générale des copropriétaires.
Le dossier présenté doit permettre aux copropriétaires de se prononcer en connaissance de cause. Il peut notamment comprendre :
- une étude de faisabilité ;
- les plans et représentations de l’installation ;
- les devis des entreprises ;
- le mode d’utilisation de l’électricité produite ;
- les conditions d’entretien et de maintenance ;
- le plan de financement ;
- une estimation de la production et des économies attendues ;
- les éventuelles aides mobilisables.
La majorité applicable dépend de la nature du projet, de son financement et de l’utilisation prévue de l’installation. Elle doit donc être déterminée au cas par cas.
Urbanisme et patrimoine : le principal enjeu à Paris
Contrairement à une idée répandue, les panneaux photovoltaïques ne sont pas interdits à Paris.
En revanche, dès lors qu’ils modifient l’aspect extérieur du bâtiment, leur installation est généralement soumise à une autorisation d’urbanisme. Une déclaration préalable de travaux doit alors être déposée auprès de la Ville de Paris, accompagnée notamment de plans, de photographies de l’existant et de représentations du projet.
L’autorisation de l’assemblée générale et l’autorisation d’urbanisme constituent deux démarches distinctes. Le vote des copropriétaires ne dispense pas d’obtenir l’accord administratif et, inversement, une autorisation d’urbanisme ne permet pas d’engager les travaux sans décision préalable de la copropriété.
À Paris, de nombreux immeubles sont situés à proximité d’un monument historique, dans un secteur protégé ou sur une parcelle présentant un intérêt patrimonial. Dans ces situations, le projet peut être examiné par l’Architecte des Bâtiments de France, communément appelé ABF.
Les Architectes des Bâtiments de France sont-ils opposés aux panneaux solaires ?
Non. Leur rôle consiste à concilier la protection du patrimoine avec les objectifs de transition énergétique.
L’examen porte moins sur la présence même des panneaux que sur la qualité de leur intégration dans le bâtiment et dans le paysage urbain. Plusieurs éléments sont particulièrement étudiés :
- leur visibilité depuis la rue et les espaces publics ;
- leur implantation par rapport aux cheminées, lucarnes et lignes de toiture ;
- leur couleur, leur brillance et leurs éventuels reflets ;
- la régularité de leur disposition ;
- la préservation des matériaux et des éléments architecturaux existants.
Une installation performante sur le plan technique peut ainsi être refusée si elle est jugée trop visible ou insuffisamment intégrée à l’architecture de l’immeuble.
Quels projets ont le plus de chances d’être autorisés ?
Les configurations les plus favorables sont généralement celles dans lesquelles les panneaux restent peu visibles depuis l’espace public.
Cela peut notamment concerner :
- une toiture-terrasse masquée par un acrotère ;
- une installation implantée en retrait des façades ;
- un versant de toiture donnant sur une cour intérieure ;
- des panneaux parallèles au plan de la toiture ;
- une disposition regroupée, homogène et peu réfléchissante ;
- un projet préservant les éléments caractéristiques d’une toiture en zinc ou en ardoise.
À l’inverse, les difficultés sont plus importantes lorsque les panneaux sont directement visibles depuis la rue ou lorsqu’ils modifient fortement une toiture ancienne présentant un intérêt patrimonial.
Une installation sur la toiture en zinc très visible d’un immeuble haussmannien sera ainsi examinée avec davantage de rigueur qu’une installation sur une toiture-terrasse invisible depuis l’espace public.
Même dans un secteur protégé, une autorisation peut néanmoins être obtenue lorsque le projet est bien conçu et que les contraintes architecturales ont été prises en compte dès le départ.
Quel budget prévoir ?
Le coût d’une installation varie fortement selon :
- la surface et la puissance installées ;
- l’accessibilité et le type de toiture ;
- l’état de la couverture et de l’étanchéité ;
- les éventuels travaux de renforcement ;
- la complexité du raccordement électrique ;
- le mode de consommation ou de répartition de l’électricité produite.
Pour une copropriété, l’investissement peut rapidement représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une opération d’autoconsommation collective peut nécessiter un budget plus important en raison des études, des équipements de comptage et des démarches administratives supplémentaires.
Le montant des travaux doit être comparé à la production annuelle estimée, au prix de l’électricité évité, aux frais d’entretien, à la durée de vie des équipements et aux éventuelles recettes issues de la vente du surplus.
Existe-t-il des aides ?
Selon la puissance de l’installation, son mode de raccordement et l’utilisation de l’électricité produite, le projet peut notamment bénéficier :
- d’une prime à l’autoconsommation ;
- d’un tarif de rachat du surplus ou de la totalité de la production ;
- de certaines aides locales liées à la rénovation énergétique ;
- d’un accompagnement dans le cadre d’un programme de rénovation globale.
Ces dispositifs et leurs conditions évoluent régulièrement. Ils doivent donc être vérifiés au moment où le projet est étudié.
Il est également important de distinguer les aides destinées à la rénovation énergétique du bâtiment de celles spécifiquement consacrées à la production d’électricité photovoltaïque.
Le conseil de Pierres de Paris Syndic
Avant de solliciter plusieurs installateurs ou de soumettre un projet au vote, il est recommandé de faire réaliser une première étude de faisabilité technique, énergétique, architecturale et réglementaire.
Cette étude permet de vérifier :
- que la toiture est suffisamment solide et en bon état ;
- que la production attendue sera significative ;
- que l’installation ne portera pas atteinte à l’étanchéité ;
- que le projet est compatible avec les règles d’urbanisme ;
- que son intégration architecturale présente une chance raisonnable d’être acceptée.
Cette précaution évite à la copropriété de financer des études détaillées ou de voter des travaux sur la base d’un projet qui pourrait ensuite être refusé pour des raisons techniques, patrimoniales ou urbanistiques.
Une opportunité réelle, à étudier au cas par cas
Installer des panneaux solaires sur un immeuble parisien n’est donc ni impossible ni pertinent dans toutes les copropriétés.
Les projets les plus favorables réunissent trois conditions :
- une toiture techniquement adaptée ;
- une production électrique suffisamment importante ;
- une intégration architecturale compatible avec les exigences parisiennes.
Lorsque ces conditions sont réunies, une installation photovoltaïque peut réduire durablement les consommations communes, contribuer à la transition énergétique et valoriser l’immeuble.
Pierres de Paris Syndic peut accompagner les conseils syndicaux dans l’étude de ces projets, la consultation des professionnels, l’analyse des contraintes réglementaires et la préparation des décisions soumises à l’assemblée générale.